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dimanche 13 avril 2014


Avoir un toit sur la tête , quand on y réfléchit bien,  n'est pas une priorité pour tout le monde . Derrière des motifs purement économiques , se cachent des motivations hautement philosophiques . Certains humains préfèrent vivre à la belle étoile plutôt que de se retrouver piégés entre quatre murs . Ils sont rares, certes, mais pas inexistants. Dans l'antiquité, le sage Diogène , pour braver les conventions sociales, n'avait-il pas élu domicile dans une jarre ? Opter pour des conditions de vie dénuées de confort , cela n'est pas courant et demande réflexion .

 Or, la réflexion, c'est ce dont nous manquons cruellement en ce monde . Et pour cause . Nous ne nous accordons aucune pause pour nous y adonner . Au lieu de consacrer du temps au temps , nous ne cessons de l'accabler d'imprécations sous prétexte qu'il nous échappe irrémédiablement . C'est sûr, nos professions nous accaparent tellement qu'elles ne nous laissent plus le loisir de penser. Et le peu de temps libre qui nous reste  est happé par l'hydre de la surinformation numérique . Nous devenons des Gargantuas de l'actualité tous azimuts , incapables de digérer autant de matière brute , faisant nôtre la pensée des autres sans penser qu'elle extermine la nôtre .

Comment , après cela , décider du type d'habitat qui nous conviendrait le mieux ? Peut-être , après tout , souhaiterions-nous construire une cabane en pin comme le divin Thoreau , et nous y retirer non loin d'un étang , loin du bruit et de la fureur urbaine ? Peut-être préfèrerions- nous couler des jours heureux dans une yourte mongole ou  un tipi amérindien ? Le problème , c'est que tipi ou yourte , il faut les planter quelque part , et certainement pas sur du béton . Donc à moins de migrer vers  les grandes plaines d'Asie ou celles d'Amérique , il nous reste peu de chance de mener à bien notre entreprise.

Grâce au ciel, des architectes  se  sont penchés  sur la question . Ils ont compris qu'en chacun de nous sommeille un Peter Pan. Ils ont compris qu'enfoui dans notre inconscient se loge notre désir d'une cabane de Robinson  . Celle dans laquelle on trouvait refuge dans notre enfance , au fin fond du jardin d'une maison de campagne . Alors plutôt que de miser sur la pierre et la brique , ils ont  opté pour le bois . Pour faire plus sérieux et faire semblant de préserver l'environnement  , ils ont appelé ça eco- construction. Et ça a marché ! Des lotissements entiers de maisons en bois sont sortis de terre . Mieux encore , des cabanes ont poussé dans les arbres , pour accueillir des touristes nouvelle tendance : les glampeurs , adeptes du glamping ou  camping glamour ...

La brique, le bois , mais que reste-t-il donc ? Vous ne voyez vraiment pas ? Cherchez encore . Les trois petits cochons , ça ne vous dit rien ? La paille , bien-sûr! C'est encore plus écologique et encore plus économique . Et puis au moins , si on s'en lasse , on aura qu'à appeler le Grand Méchant Loup . Il soufflera et soufflera, et la maison s'envolera.

 En somme , le  toit qu'on a  sur la tête est  bien plus révélateur qu'il n'y paraît . Tout adulte que nous sommes , le choix de notre habitat en dit long sur l'enfant que nous avons été . Que l'on décide de vivre dans une yourte , un tipi, une cabane  , une roulotte ou un igloo, inutile de nous faire croire que nous avons grandi . Après tout , ne partons-nous pas , chaque nuit, à destination du pays des songes?



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