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samedi 6 juin 2015


C'est bien connu, les événements sportifs internationaux sont souvent l'occasion de la cristallisation d'un sentiment patriotique sans précédent . Le reste du temps , on fait peu cas de son appartenance à telle ou telle nation . Pire encore ! Nous formulons des reproches à l'encontre de notre terre nourricière et faisons curieusement l'éloge de ceux ayant eu la chance de naître hors de nos frontières . Heureusement que les compétitions attisent le feu de notre combativité et ravivent les flammes d'un chauvinisme passablement écorné. Quelle que soit la discipline sportive concernée, nous nous sentons tous épris de solidarité  et opposons une cohésion farouche à l'ennemi juré qui ose nous défier .

 Que l'on se rappelle l'engouement que la coupe du monde de football avait suscité en 1998  . Moi-même, peu adepte en temps normal du ballon rond , avais-je été conquise par les prestations de ces divinités du gazon , dont la vélocité et l'habileté pédestre n'étaient pas sans rappeler les prouesses du dieu Hermès . Soudainement la France entière n'avait d'yeux que pour les jeux de jambe de l'équipe tricolore qui osait voler la vedette aux Brésiliens jusque-là bénis des dieux olympiens.  Sur les épaules de nos onze héros reposait l'honneur de l'Hexagone .  Et leur victoire bien méritée a redoré le blason du coq gaulois dont la renommée commençait à péricliter .

La fibre patriotique est aussi palpable  chaque année sur le court Philippe Chatrier . Avec son ambiance de kermesse , sa large panoplie de produits dérivés , et sa pléiade de playboys sponsorisés  , Roland Garros devient la destination privilégiée des obsédés de la raquette du monde entier. Quinze jours durant , ce sont des milliers de spectateurs ultralookés qui  s'acheminent en procession vers l'enceinte sacrée où va se jouer le combat de Titans aux bras  ultramusclés .

Dès que l'on prend place sur les gradins , on mesure l'étendue médiatique de l'événement  . Écrans géants, hauts parleurs , cameras sur grue et sur rail ,  la démesure est a l'honneur . Après quelques échanges gentillets,  les joueurs rentrent vite dans le vif du sujet . Les balles fusent de part et d'autre à des vitesses extrêmes. On en a le mal de mer à tourner la tête sans arrêt . Les ramasseurs de balles fébriles nous donnent le tournis . L'arbitre qui glapit " faute " nous fait presque défaillir . Quand arrive la balle de match, on frôle le malaise vagal. On prie , on frémit , on bondit de joie aussi , et puis on applaudit , quelle que soit l'issue de la partie, car on a été content d'être venu soutenir son favori, et de s'être senti vibrer avec des milliers d'autres autour de cette arène ocre aux allures de Colisée romain où le destin a encore une fois voulu jouer au plus malin.

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