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jeudi 26 mars 2015

Dans cet univers  de l'hyperconnexion où l'on peut joindre n'importe quand, n'importe où, n'importe qui , force est de constater que nous vivons retranchés dans le bastion de notre indifférence au monde qui nous entoure , comme si le trop-plein d'informations et d'interactions digitales saturait notre besoin  d'immersion dans le bouillonnement incessant du réel .Pris au jeu, nous assumons notre condition de pion sur l'échiquier du désir  fluctuant, prompts à nouer et dénouer des amitiés virtuelles  , érigeant autour de nous un cordon de sécurité quand le cordon ombilical de nos relations sur la Toile se fait trop étouffant .

Nombreux sont ceux qui jettent l'anathème sur ce mode de consommation sauvage , arguant du fait qu'il fait fi de la sensibilité et susceptibilité des différents actants . Mais ils oublient, en passant , que hors de son contexte professionnel , le web n'est qu'un terrain de jeux , une partie de cache-cache aux bornes temporelles infinies puisque les écrans sont aussi résistants que des masques de fer tant que les participants ne décident pas de faire le grand saut dans l'ici et maintenant de la rencontre physique. On se farde de l'identité qu'on veut , à commencer par un pseudo, et, par un effet de miroirs vertigineux, se met en place une mise en abîme de faux semblants qui alimente le fantasme et trompe l'ennui.

Car , il faut bien le dire, on s'ennuie à en mourir dans nos sociétés à géométrie invariable, dans nos foyers centrés sur la sacro-sainte famille et le bien-être bon marché procuré par les émissions de télé-réalité et les voyages bon marché. Alors il faut bien s'évader. A moindre frais. Cela n'engage à rien. On parle à des inconnu(e)s. On se découvre des passions inavouables communes qui épicent notre imaginaire sclérosé par une vie de couple qui s'est émoussée. On se dit qu'on est moins seuls sur terre , qu'il est encore temps de refaire sa vie car, manifestement , on s'est trompés de partenaire.

Les plus naïfs d'entre nous sont prêts à tout sacrifier pour un shoot d'euphorie qui les fera décoller du ciment de leur quotidien. Sauf qu'ils oublient que , derrière l'écran, se tiennent des escrocs de l'apparence , des simulateurs/simulatrices n'ayant rien à perdre , des paumé(e)s dont la seule visée est de faire perdre l'équilibre à ceux qui se sont laissés berner par leur promesses fallacieuses. Car ce sont des joueurs tout-terrain, des aventuriers intrépides , et la Toile leur offre un nouveau défi qu'ils ont bien l'intention de gagner.

Alors pourquoi leur jeter la pierre, à ces imposteurs ? Reproche-t-on aux joueurs de poker de bluffer ? Plutôt que de les stigmatiser, jugeons avec plus de sévérité les pères/mères, époux et épouses démissionnaires, qui ont fui leurs responsabilités et ont cru, à tort, à une meilleure destinée en accordant leur confiance à des êtres dénués de réalité. Ils n'ont pas mérité ce qu'ils ont lâchement abandonné et paieront, un jour ou l'autre, le prix de  leur excès de crédulité.

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