Pages

Nombre total de pages vues

mardi 28 octobre 2014


Ça n'a pas l'air comme ça , mais être artiste , de nos jours , comporte certains risques. La surexposition médiatique, qu'elle soit voulue ou subie, peut concourir à mettre une vie en péril. En dévoilant son intimité sur papier glacé, avec interviews et photos à la clé, on ne peut que s'attendre à la consolidation d'une sympathie ou, inversement, d'une antipathie, dont l'expression se manifeste aussitôt sur les multiples réseaux sociaux. Stalkers , hackers ou trolls s'en donnent à cœur joie sur la toile grâce à l'anonymat que cette dernière leur procure.

Mais au sein de la communauté artistique , ceux qui ont le plus à craindre pour leur vie sont les Happy Few bénéficiant, on ne sait pourquoi, des insignes faveurs des autorités suprêmes. Enhardis par le crédit qu'une poignée d'élus leur a accordé, ils créent, au gré de leur fantaisie et surtout de leurs fantasmes, des œuvres destinées à être érigées en place publique. Bien mal leur en prend, quelquefois, de penser jouir d'une impunité quand leur unique souci est de générer une onde de choc, à défaut d'une onde de chic. En exposant des créations dont la seule valeur marchande est la provocation qu'elles ne manqueront pas de susciter, ils surestiment l'impact médiatique qu'elles vont engendrer, et sous-estiment, erreur fatale, les inclinations d'une population attachée à sa culture et surtout à son histoire.

La récente défiguration de la Place Vendôme, à Paris, par la mise en place d'une structure gonflable monumentale en forme de plug anal nous a donné la mesure de l'irrespect que certains représentants de l'art contemporain témoignent à l'endroit des Parisiens. Des tentatives avaient déjà été faites, par le passé, pour donner un coup de jeune au plus vieux pont de Paris. Christo nous avait fait, tant bien que mal, partager son obsession à empaqueter le Pont Neuf , qu'Henri IV avait honoré de sa présence lors de son inauguration. Envelopper un pont de pierres de gigantesques langes en polyamide doré n'était sans doute pas banal. Les Parisiens ont certes un peu grogné, mais l'œuvre de l'artiste ne fut pas pour autant conspuée. Après tout , une couche-culotte a une utilité dont beaucoup de nouveaux-nés auraient du mal à se passer .

Étrangement , c'est aussi la même partie anatomique du corps humain qui a inspiré l'artiste commandité pour la "transfiguration "de la place forte des joailliers . Il est vrai que les fessiers rebondis sont vénérés par la frange masculine de notre société et que l'on assiste à une consécration de bimbos callipyges sans précédent ces dernières années . Mais de là à célébrer un objet censé pénétrer l'orifice associé à la fécalité ! Sans compter que le sextoy vert démesuré criait haut et fort sa parenté avec un monstre aux flatulences avérées : Shrek!

Vous comprendrez que c'en était trop pour le Parisien aux narines délicates et aux mœurs policées. L'un d'entre eux, dit- on, exaspéré, a porté la main sur l'auteur de l'excroissance disgracieuse, tandis que d'autres, à la faveur de la nuit, ont été jusqu'à dégonfler la boursouflure au parfum sulfureux. Il était temps! Des artisans peu scrupuleux commençaient à commercialiser l'objet délictueux auprès de touristes désireux d'explorer des pans ignorés de leur sexualité . Henri IV ne s'était pas trompé: Paris vaut bien une messe! Mais  pas une fessée...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire