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vendredi 6 juin 2014


    À mon humble avis, il serait temps de dégraisser la presse hexagonale de tous les emprunts anglo-saxons dépréciatifs dont elle fait bombance . À une époque où l'économie et la politique , principales garantes d'un équilibre moral, sont mises à mal, les médias s'en donnent à cœur joie et distillent aigreur et stigmatisation , alimentant notre rancœur au lieu d'assainir notre cœur .

    Parmi les pratiques  favorites  , citons le "Bashing" ( fait de critiquer avec virulence quelqu'un  ) et le "Shaming" ( fait de couvrir de honte quelqu'un ). Personne n'est épargné . Comme dans les sociétés archaïques , il faut qu'un bouc émissaire soit envoyé dans le désert pour expier les fautes d'un groupe d'individus donné. Ainsi la cible varie  selon les frustrations du moment . On peut s'acharner sur un citoyen en particulier ,  comme sur une communauté spécifiquement nommée.

    Au rayon des nouveautés, le" Pet Shaming" , moins nocif pour le public visé, puisqu'il ne cible que les animaux de compagnie . Les réseaux sociaux en font leurs choux gras .Les  chiens ou chats incriminés accèdent à la popularité le temps de leurs méfaits . Qu'ils aient mis en pièces votre livre d'art préféré ou lacéré vos tentures Laura Ashley ,  ils consentent ,sans broncher,  au châtiment qui leur est réservé : se faire tirer le portrait ,avec, autour du cou, une pancarte mentionnant  leur forfait .

    Si les clichés postés prêtent à sourire , il n'en est pas de même de ceux censés rappeler à l'ordre les gastronomes trop zélés . Les chantres  du "Body  Shaming " déversent leur bile en publiant à l'envi les photos de  gourmandes prises en flagrant délit d'hyperphagie .J'ai bien dit "gourmandes" . Comme si la gloutonnerie était un péché capital typiquement féminin . Eh oui ! Le sexisme , lui , ne risque pas de dépérir tellement il a le ventre plein .

    De la gourmande à la gourgandine , il n'y a qu'un pas , et il est vite franchi . Car à l'opposé du "Body Shaming ", et de ses variations sémantiques tels que le " Fat Shaming " , " Weight Shaming" ou " Food Shaming", on trouve le " Slut Shaming " . En général , celles qui en sont victimes ne souffrent pas de troubles alimentaires comme les précédentes . Elles ont plutôt un appétit d'un autre genre , et n'ont aucune inhibition à exhiber  leur corps pour satisfaire leurs besoins . Si elles jouissent , auprès des hommes , d'une adoration toute bestiale, elles ne sont guère en odeur de sainteté auprès des Jeanne d'Arc du féminisme hexagonal  . Honte à la France , et surtout honte aux femmes !


    Aux adeptes du "Shaming" , je n'ai qu'un mot à dire: Shame on you ! ! Laissez donc les gens vivre ! Vous mériteriez un bon "Bashing" ! Mais comme je ne suis pas d'humeur belliqueuse et prône l'irénisme plutôt que l'ire , je laisse aux chiennes de garde hagardes le soin d'aboyer toutes en chœur , et vais , pour leur faire la nique , enfiler mes " Fuck Me Shoes " ; car  comme disait Marilyn sur ses talons aiguilles ,"  Donnez à une fille la bonne paire de  chaussures, et elle pourra conquérir le monde ".


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