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mercredi 12 mars 2014





Inconstance , quand tu nous tiens ! Que l'on soit femme ou homme ,  nous sommes tous , à des degrés divers ,  tentés par le démon du changement . Et à vrai dire , qui peut nous en blâmer ? La mutabilité est inscrite dans nos gènes . Ne serait-ce que biologiquement . Notre corps se transforme , bon gré mal gré , au fil de notre vie . Les avancées de la science nous permettent même , maintenant , de le modifier  au gré de nos envies.

Prenons l'exemple des femmes .Il leur suffit d'un coup de scalpel  pour que les hypotrophies mammaires soient converties en hypertrophies . Idem pour les postérieurs . Quitte à ressembler à Vénus , autant ressembler à une Vénus  callipyge. Certes la tâche est moins aisée si l'on veut rivaliser avec Minerve . Curieusement , les chirurgiens n'ont jamais cherché  à mettre au point d'  implants neuronaux . On les comprend . Imaginez la tête des hommes si des hordes de femmes pourvues d'un  QI hors-norme , en plus de seins énormes , déferlaient dans leur vie. Ils en perdraient la tête .

Parlons-en, de la tête . De toutes les parties du corps , c'est celle qui nous donne le plus de fil à retordre . Faire la tête , se prendre la tête , avoir la grosse tête  , tout est bon pour l'invoquer , moins pour le meilleur que pour le pire . Alors il est compréhensible qu'on veuille en changer , de tête . Façon de parler , car , quoi qu 'on fasse , elle reste bien sur nos épaules , et ce n'est pas plus mal. La décollation , certaines l'ont testée en des temps troublés ; bien malgré elles . Elles n'en sont jamais revenues ...

Le changement auquel je fais référence ici ne s'opère qu'aux mains de spécialistes . Leur outil n'est pas un couperet  , mais une paire de ciseaux . Et leur matériau , la fibre capillaire . Quand rien ne va plus dans notre vie, c'est bien connu,  nous en imputons  la cause à notre chevelure. Normal qu'on n'ait plus envie de sourire et qu'on fasse la tête à tout le monde. Il n'y a qu'à voir notre tête. Même notre miroir se lasse de nous renvoyer la même image. Alors on opte pour la solution de la dernière chance. On se dit que contrairement à Samson, notre force ne nous vient pas de la longueur mais de la coupe de nos cheveux. Alors on coupe, on ratiboise, on tond , pour les plus audacieuses. Et on se sent mieux. On sourit à nouveau à la vie.

Mais on se rend vite compte que le mal est plus profond, et que changer de coiffure  n'est qu'un pis aller . Alors on fait des coupes plus claires . On se dit qu'on a qu'une vie et qu'on aurait tort de la gaspiller avec des gens qui n'en valent pas la peine. Alors on coupe les ponts avec certains, pour en établir avec d'autres. Puis on change d'alimentation , parfois d'habitation. Pour les plus téméraires, on change de profession . Et puis on se rend compte que ça ne va toujours pas comme on veut . Alors on se tourne vers la méditation . Si ça ne suffit pas , on change de religion. Mais au bout du compte  , rien n'a changé . La terre ne s'arrête pas de tourner , et nous , on a la tête qui tourne .

Alors on ne se prend plus la tête . On finit par se poser , et cesser de se poser des questions . On devient philosophe . Changer pour qui ? Changer pour quoi ? On comprend,  qu' après tout , il y a toujours une Minerve qui sommeille en nous .Au diable les implants !On comprend que la vie se charge elle-même de nous changer sans qu'on ait besoin de faire quoi que ce soit pour cela . Et on se met à attendre . On ne sait pas vraiment qui . On ne sait pas vraiment quoi . Mais on est sûr d une chose , c'est qu'à un moment ou à un autre , on le vivra, ce grand changement. Et  comme le plongeur de  Paestum , on fera le grand saut pour  entrer dans un monde gouverné par l'immutabilité  et le silence .

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