Pages

Nombre total de pages vues

mardi 15 octobre 2013

La peinture  de Peter Lely représente deux enfants à la similitude troublante. Le cartel indique qu'ils sont frère et sœur . L'œil du spectateur discerne en effet le même teint de porcelaine ainsi que la même chevelure ondulée aux reflets blond-vénitien . L'un semble l'aîné , l'autre la cadette .

En guise de décor , un mur sombre sur lequel se dessine la tête des deux enfants . Il sert de toile de fond à la scène qui se joue sous nos yeux.  Il semble que l'artiste ait délibérément opté pour cette esthétique du dépouillement . Lui, le peintre de cour , s'accorde une licence toute particulière , cette fois-ci: il s'abstient de reproduire les méandres des imprimés d'une étoffe luxueuse qu'auraient pu arborer les personnages de son œuvre. Point de visée sociale . Son dessein est tout autre. Notre attention est précieuse et il s'ingénie à la capter, la déstabiliser même , en éveillant notre curiosité .

D'ailleurs notre questionnement est légitime . Pourquoi ces deux enfants ont-ils  l'air si proches et si lointains ? Quel est l'objet de contemplation de la petite fille ? Et la feuille blanche que tient son frère , que symbolise -t 'elle  au juste ? Car si l'on oblitère les indications que recèle le cartel , si l'on oublie un instant que les bambins sont unis par les liens du sang , une autre interprétation vient s'inscrire en palimpseste sur celle de l'artiste .

De simples spectateurs, nous nous muons en voyeurs . Il ne s'agit plus d'une leçon de musique , mais de l'éclosion d'un amour naissant entre deux innocents . Sur les lèvres purpurines du chérubin , Vénus a déposé l'éloge de l'être aimé, et la petite fille au regard éperdu voit s'entrouvrir au loin l'horizon jusque-là inconnu du "vert paradis des amours enfantines ".



2 commentaires:

  1. vous êtes très talentueuse. votre style est aussi subtil que rythmé. pardonnez mon prosaïque enthousiasme mais j'ai très envie de vous découvrir!

    RépondreSupprimer