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vendredi 6 septembre 2013


La petite robe noire , tout le monde connait ! Elle fait partie de la panoplie hivernale de l'irréductible fashionista , attendant sagement sur un cintre d'être exhibée lors d'un dîner aux chandelles , ou , soyons plus prosaïque , lors d'un énième dîner d affaires . Le noir , après tout, c'est seyant , et ça possède surtout le mérite de dissimuler les rondeurs indésirables dues à une hibernation forcée .

Mais avant de vouer à la création de Mademoiselle Chanel une adoration démesurée , nous avons toutes senti nos cœurs battre la première fois que la " petite robe qui tourne " a fait son entrée triomphale dans notre garde-robe enfantine. Elle est comme la madeleine de Proust dans la saga du vêtement féminin. Il n y a qu' à observer les coquettes en herbe des jardins d enfants pour saisir le succès indéniable remporté par cet article de mode indémodable .

Mais à quoi doit-on l'hystérie collective qu'elle génère chez nos lilliputiennes depuis des siècles ? Pourquoi cet engouement immodéré pour une tenue qui ne suscite plus aucune convoitise passé l'âge de raison ? Il semblerait que la fascination qu'elle exerce sur nos mini-starlettes découle de l'invitation à tournoyer qu'elle leur transmet. Car qui oserait nier que le désir secret d'être la reine du bal ne soit inscrit en chacune d'entre nous ? Ne sommes-nous pas nourries , dès notre plus jeune âge , aux mamelles des contes de fées? N'avons nous jamais rêvé d'être la Cendrillon tourbillonnant aux bras d'un Prince Charmant ?

La petite robe qui tourne, somme toute , est la parure enfantine la plus légère mais aussi la plus lourde fantasmatiquement parlant. Elle délivre à nos poupées de chair un message subliminal puissant qui leur permet de prendre leur envol sur la scène de la vie, avant d'être finalement reléguée dans les malles de leurs souvenirs et détrônée plus tard par la petite robe noire comme un ultime adieu au rêve.

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